Innocence de l'enfance

 

La véritable innocence est celle de l’instant où tout jaillit spontanément, sans contrainte, sans référé à quoique ce soit, c’est-à-dire la fraîcheur inconditionnelle et pure de la modulation de l’instant.

Cette innocence est ensuite comme pervertie à partir du message de la séparation, « tu es quelque chose », car se détourne sur l’imaginaire.

 

 

Ce qui se passe pendant l’enfance est caractéristique.

Chez le tout petit enfant, il n’y a aucune rupture de l’expérience directe, l’innocence est pleinement vécue, tout est instant en direct.

Puis arrive progressivement la représentation mentale de ce qui se vit, c’est la mémoire imagée qui est le lit de l’imaginaire. Lorsque la conceptualisation apparaît vers 2-3 ans environ, tout est en place pour écrire les histoires.

La fraîcheur de l’instant vécue directement est alors comme détournée sur l’imagination créant un imaginaire plein de fraîcheur, de joie, un imaginaire débridé où tout est possible. Ceci donne une sorte de rêve paradisiaque totalement encouragé par les adultes (cf le père noël, les cloches de pâques, les contes de fée et tout ce que les adultes racontent comme histoires aux petits enfants). En fait, cela représente pour l’adulte une sorte de paradis perdu : le paradis perdu de l’enfance.

 

C’est là qu’est le bug car cet imaginaire enfantin plein de fraîcheur est confondu avec la véritable innocence

 

En réalité, regardant exactement ce qu’il en est, on découvre que c’est dans cet imaginaire enfantin que naît l’ego psychologique, le "moi" héros de toutes les histoires qui deviennent alors "sa vie"

Lorsque cet imaginaire de l'enfance se heurte au réel, il y a discordance, c'est là qu'apparaît la blessure et l'incompréhension par rapport à celle-ci, ce qui la renforce d'autant.

 

Tant que cela n’est pas clairement vu, cela initie le refus de ce qui se vit en direct cherchant sans arrêt à retrouver l’imaginaire frais de l’enfance.

Tous les modèles du mental et idéalisations sont issus de cette rêverie qui, encore une fois, est prise pour la vraie innocence c’est-à-dire la réalité de l’instant, ou vie en direct.

 

Et ce qui s’est mis en place pendant l’enfance n’a de cesse de se perpétuer telle une machine à rêves bien huilée, même si le rêve adulte est moins idyllique que celui de l’enfance. En effet, une différence avec le rêve enfantin c’est que le rêve adulte lui, se heurte sans arrêt au réel car il n’y a plus rien pour « l’en détourner » ainsi que l’adulte le fait avec l’enfant. Cette confrontation discordante et vécue comme douloureuse au réel reformate le rêve qui ressemble de moins en moins à un paradis contribuant encore plus au regret du rêve « paradis perdu de l’enfance » et aux innombrables stratégies qui se mettent en place pour essayer de faire coller le réel à ce rêve, un véritable cercle vicieux.

 

La confusion se corrige dès lors qu’il est constaté que même le plus beau des rêves n’est qu’un jaillissement parmi les autres, qu’il n’est qu’une forme de jaillissement et que c’est le jaillissement qui est innocence et non le rêve.

 

 

 

 

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