Seul le point de vue change tout! (2012)

 

Qu'on l'appelle Source, Dieu, Cela, le Soi, Essence,  Conscience etc...Il ne s'agit que d'une approche permettant peut être de guider l’attention dans cette direction et pas plus. En effet rien que d'en parler, conceptualise ce dont il s'agit, met une limitation, transforme l'indicible en objet.

A ce "niveau" il est impossible de définir ou de connaître ce dont il s'agit, c'est en amont (cela qui contient) de tout ce qui est objectif (le contenu) et donc non objectivable.

Tout ce que l'on en dira ne peut donc qu'être faux mais peut parfois interpeller au changement de point de vue..

Par commodité, je vais nommer cela conscience ou champ de conscience.

Les objets correspondent à toute la création. On peut donner la définition du mot objet à tout ce qui peut être vu et décrit (un arbre, un animal, la nature, un son une odeur, une couleur, l'énergie, un sentiment, une émotion, une pensée, le corps, le mental etc...).

 

Ainsi, l'on peut dire que l'expérience de la vie que nous faisons en tant qu'être humain se déroule tel un spectacle à partir de l'incréé qui s'exprime dans le créé ;

ou autrement dit, à partir de la Source non manifestée qui s'objective dans la création,

ou encore, à partir de la conscience de laquelle émerge toute création,

ou aussi, à partir du "Contenant" duquel émerge le "contenu".

 

Ce qui se passe pour la majorité de l'humanité c'est que cette conscience se fige, s'hypnotise sur le contenu. Elle regarde tellement sa création, les objets de création qu'elle se confond avec eux et oublie donc qu'elle est le Sujet et non pas l'objet.

 

Tout cela peut paraître bien théorique, encore conceptuel si la compréhension n'est qu'intellectuelle. 

En réalité il s'agit non pas de le comprendre (même si cela peut être une étape préliminaire) mais de le vivre. Pour ce faire, le point de vue doit se déplacer. Ce déplacement ne peut, bien sûr, pas être en lien avec la volonté. C'est plutôt un déclic qui arrive ou bien une évidence intime qui se présente au cours d'une méditation ou tout autre moment où le mental est au repos et la présence vive, permettant à la conscience de se désidentifier de l'objet et de se retourner sur elle-même.

En fait, à chaque instant, tous, nous sommes cela. Pas besoin d'avoir fait des années de pratique quelles qu’elles soient, nous avons tous ce champ de conscience à l'intérieur duquel sont perçues les formes de création. Ainsi, que l'on soit en train de vivre un repas en famille, de travailler au bureau, de participer à un meeting politique, de faire un voyage à l'étranger etc.. Cela se fait toujours à partir de ce qui est en amont c'est à dire de "notre" champ de conscience. En effet ce qui voit ou entend par exemple, c'est le corps par le biais des sens de la vue et de l'audition. Mais la perception sensorielle est au-delà des sens. Pour que la sensation ait une existence pour soi elle doit être perçue. Il doit y avoir conscience de la sensation.

Tout ce qui existe objectivement pour soi, c'est ce qui est dans le champ de conscience. Dès que la conscience se détourne de quelque chose cette chose n'existe alors plus pour elle.

On peut aussi dire que nous faisons l'expérience de l'objectif uniquement par la perception que nous en avons via les sens corporels. Sans le sensoriel et sans la perception du sensoriel que reste-t-il de l'objectif?

En réalisant ceci, nous pouvons constater que le contenu de notre champ de conscience est en perpétuel changement. A chaque instant il est différent. En revanche ce qui ne change pas, qui est immuable, inaltéré par ce qui est vu, c'est justement le champ de conscience, la faculté de "voir, écouter" le contenu quel qu'il soit.

Ainsi que l'on vive un moment de grâce devant un beau paysage ou que l'on soit témoin d'une scène d'horreur, par exemple, la faculté de percevoir cela et donc de le rendre vivant pour soi, est la même. La réalité de ces vécus très différents dans leur forme n'existe qu'à partir de cette faculté de perception consciente, neutre, d'amont. 

Du point de vue du champ de conscience,  le contenu est le spectacle de la vie. Peu importe de quoi est fait ce spectacle. Lorsque le point de vue passe au niveau du contenu, la conscience se perd et s'identifie au spectacle faisant naître obligatoirement un vécu de séparation (apparition du moi) et donc de souffrance. Cela induit l'apparition de la quête du retour à la source. L'absurdité c'est que cette quête originelle (toutes les quêtes en dérivent) s'oriente sur les objets (contenu) au lieu de revenir au Sujet. L'unité ne pourra jamais se trouver dans l'univers des objets qui sont par définition limités et font partie du rêve de dualité. L'unité n'existe que dans la source originelle, la conscience indicible, inconnaissable. Lorsque la compréhension intime de ceci arrive, la conscience revient à elle-même, elle se sait être et de là plus aucune quête ne persiste.

Il est possible de reconnaître cela à chaque instant, en réalisant que ce qui est vécu se fait à partir du champ de conscience, faculté à percevoir les choses et donc à les faire exister. Chaque fois que l’attention s’intéresse et donc revient à ce champ de conscience, il se produit une désidentification du contenu et un vécu de complétude où plus aucune quête ne persiste et où chaque instant se suffit à lui-même.

L'expérience de ce qui  perçoit va ramener la conscience à elle-même faisant changer de point de vue en  ramenant à la réalité. La conscience est consciente du champ de conscience. Elle ne peut le décrire ni en parler car il ne s'agit pas, encore une fois, d'un objet mais d'un vécu qui se sait être. C'est la conscience d'êtreté.

De ce point de vue, le spectacle de la vie continue que ce soit dans un fonctionnement ou un autre (fluide ou conditionné) cela n'a aucune importance. Paradoxalement c'est lorsque que tout contenu devient accepté, du fait de ce repositionnement au niveau de sa vraie nature,  que la vie est comme rendue à elle-même et que les choses deviennent plus harmonieuses et fluides.

 

Quand la conscience est figée sur son contenu, elle y est identifiée et le vécu est un vécu de séparation donc générateur de souffrance.

Quand la conscience est renvoyée à elle-même, quel que soit le contenu de son champ d'expérience il est accueilli  et observé dans un total détachement lui rendant donc sa fluidité naturelle. Le vécu est alors quiétude, complétude et joie et simplicité d'être.

 

 

L'accès à cela est possible à chaque instant, si le regard s'y intéresse,  en prenant conscience du "champ de conscience" qui accueille et fait vivre de par sa nature consciente  tout le contenu objectif  du spectacle de la vie.

 
 
 

 

 

Seul le point de vue change tout! (2013)

 

Ce que nous sommes est tellement évident que nous ne le voyons pas! C'est là, à chaque instant, sans discontinuité. Comment pourrait-il en être autrement puisqu'il s'agit de notre nature fondamentale? Bien souvent dans la recherche spirituelle on a l'impression qu'il s'agit de quelque chose de si loin de soi ... Voyons l'erreur!..

 

Tout ce qui existe ne peut exister que par la conscience que nous en avons.

La conscience est la trame de fond permanente immuable de laquelle tout émerge et tout retourne.

Elle est notre réalité, que nous le sachions ou pas. Elle est indescriptible et indicible (la nommer ne permet que de pointer sa direction) mais se sait être. Ce qui en parle le mieux... C'est le silence

 

En fait, le langage, les mots sont des "messagers " via le mental et ne font que conceptualiser le vécu. Quand on reste focalisé sur les mots  on ne peut que rester dans le rêve. Pour revenir à la réalité vivante il importe de regarder comment le mot se vit en soi.

Revenir au vécu, c'est porter l'attention sur les sensations et le ressenti. A ce moment-là, la sensibilité corporelle devient habitée au détriment du conceptuel alors délaissé. Dans cette attention, l'instant présent devient vivant, habité.

On se rend compte que toute chose, quelle qu'elle soit (animal, végétal, minéral, pensée, émotion, sensation..) est perçue et en cela est "objet de perception". Est objet (objectif) tout ce qui est vu et peut donc être décrit.

 

Mais qu'est-ce qui voit, qu'est-ce qui perçoit??

 

L'objet de perception est une réalité relative car impermanente mais au moment de son "existence" il l'est grâce à la perception. La perception de l'objet se fait par la conscience.  Ainsi l'objet n'existe que parce que l'on en a conscience. Remarquons que la seule et unique connaissance de l'objet n'est que la conscience que l'on en a. On prend souvent comme réelle l'idée (concept) que l'on a de l'objet, alors que la réalité de l'objet est le vécu qui découle de la conscience de celui ci. L'objet en tant que tel (concept) n'existe pas, seule la conscience du vécu existe à l’instant. 

 

Prenons un exemple :  regarder une fleur.

Si l'on reste sur l'idée "fleur" cela va se traduire par un imaginaire fait, par exemple, d'images, de sensations olfactives éventuelles  puisées à partir de la mémoire des fleurs, influencé par certains contextes générateurs d'émotionnel, donnant une résultante d'histoires et de projections totalement inventées et organisées par le mental. C'est un rêve de fleur qui n'a pas grand-chose à voir avec la fleur que l'on est en train de regarder. Si on délaisse le concept de fleur et regarde la fleur sans interposition mentale, la conscience est accueil de perceptions sensorielles diverses et de ressenti immédiat sans conceptualisation. L'attention perceptive des sensations, s'affinant petit à petit, va progressivement se détourner du grossier, arriver à une communication-communion avec ce qui était précédemment appelé fleur et dévoiler une présence indicible subtile. Une véritable rencontre s'effectue. La fleur se révèle dans sa réalité qui n'est pas sans rappeler la nôtre....

 

Alors qu'en est-il des mots?

Les mots ont un intérêt de guidance conceptuelle de la conscience.

Ramenés eux même à leur vécu ils sont vibratoires et perceptibles en tant que tel. Leur vibration est évocatrice du vécu de ce qu'ils désignent. Cela se fait sur un plan subtil mais qui est toujours là  et souvent sans même que l'on y prête attention, cela devient évident dès lors que le silence mental les accompagne.

NB le silence mental n'est pas une absence de mots mais un mental au repos et à sa juste place.

 

 

Ainsi, on peut résumer ce que nous sommes tous : Cela, conscience, permanence, contenant illimité d'où émerge et fait vivre le contenu ou spectacle de la vie, impermanent et phénoménal limité.

L'attention (ou conscience focalisée) a une espèce de fascination pour l'objectif impermanent et en particulier pour le contenu mental (pensées) et oublie sa nature d'amont illimitée, permanente.

En déplaçant l'observation naturelle du contenu mental vers une relation directe à l'objet hors contenu mental c'est à dire vers la perception directe non nommée, non commentée de l’objet, une bascule peut la saisir et la retourner à 180°sur elle-même. L’intérêt se déplace de lui-même de l’objet à ce qui l’observe. Dès lors l'identité de ce que nous sommes est ramenée à la conscience elle-même et non plus à ce qui était perçu en amont d'elle.

 

Il s'agit juste d'un changement de perspective.

 

 

 

 

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