L'OBSERVATEUR OU LE MECANISME DE CREATION DU FILM EGOTIQUE (déc 2014)



A l'instar de la conscience qui pourrait sembler se dédoubler en lumière éclairant et objet éclairé, l'ego, lui aussi, semble être constitué de 2 parties. (Ceci est bien naturel car l'ego est issu de l'imaginaire mental et que la nature de celui-ci est de reproduire-interpréter tel le peintre avec le paysage).


L'ego, c'est à dire le moi individualisé pourrait donc se diviser en 2 parties: le spectacle du moi, c'est à dire le moi-personnage avec sa vie et le spectateur du spectacle ou observateur. Ceci se résume directement par l'énoncé: "je me regarde". Le moi est fait du je + du me.


Lorsque le film avec son acteur principal "moi"dans tous les rôles de sa vie est constaté, la désidentification du film s'installe.

Malgré cela il peut rester une persistance de vécu duel assorti des tensions et stress qui imprègnent de façon caractéristique le corps soumis à l'ego. C'est qu'il n'a pas été vu que l'identification s'est subtilement déplacée du film sur l'observateur. Le détachement du "me" n'a pas levé celui du "je" dans la phrase "je me regarde".

En étant attentif à la survenue de l'ego on constate que le "je" précède le "me" et même que c'est lui qui fait naître le film du "me". Ce "je " c'est l'observateur. Il est confondu avec le voir c'est à dire la conscience. 

La différence entre l'observateur et le voir, déjà, c'est que l'observateur est vu alors que le voir, lui, n'est pas observé. D'autre part, voir est sans effort, sans besoin, sans attente, sans jugement, sans refus sans complaisance. L'observateur, lui, est ce qui juge l'expérience faisant alors naître le film référant en lien avec la mémoire et le réécrivant si besoin est face aux nouveautés rencontrées. C'est à son niveau que se fait le "j'aime, je n'aime pas". Il scrute, cherche, veut, refuse, juge etc...Il est épuisant. C'est lui qui est à la source des modèles mentaux. Dans l'identification à ce fonctionnement, il y a alors comme superposition de ce film créé par lui à l'expérience réelle qui en fonction de l'intensité donnée à ce fonctionnement va comme prendre sa place . C'est par la valeur donnée à l'observateur que l'imposture peut avoir lieue.


Le constater, permet de lui rendre sa valeur d'imaginaire au même titre que le "me" du "je me regarde". Le moi peut alors s'éteindre.


Il peut rester encore un passage à traverser. C'est qu'au moment de la possible extinction du moi, il peut y avoir un effet "stop" du processus de dissolution par l'arrivée de la peur.

En effet, le moi disparaît, il ne reste rien. Il n'y a plus du tout de personne, ni même de vie ou de monde de la personne. Ce rien est jugé néant mort absolue, terrifiant.   Si l'angoisse est trop forte, cela peut ramener de nouveau le film et le moi complet.

En réalité, ce vide jugé terrifiant est vu à partir d'un observateur résiduel, celui qui a perdu tous ses films, à qui on a retiré le pouvoir de gestion, c'est lui qui initie la panique la plus absolue ne voyant devant lui que son prochain anéantissement. Lorsque l'on arrive à laisser être cela, la panique finit par s'éteindre avec la lutte de cet mécanisme observateur, la paix de l'être se révèle alors comme l'arc en ciel après l'orage. 

L'observateur résiduel sans son film c'est ce qui pourrait aussi s'appeler la nuit noire de l'âme.

Le maintien de l'observateur, même quand le film a disparu, est un mouvement d'appel vers ce fonctionnement par peur du vide.

Plus il est constaté que ce vide mental ne correspond pas au "vide" de l'être, plus il devient facile de se détacher de la totalité du fonctionnement égotique.


 

Dans l'absolu, de même qu'il n'y a pas de sujet qui voit et d'objet qui est vu, il n'y a pas séparation entre ce mécanisme d'observateur et le film créé. Il s'agit juste de mouvements mentaux qui concourent à ce fonctionnement égotique global qu'on appelle "le moi". Cependant de voir et reconnaître l'ensemble de ces mécanismes est utile à la dissolution de la totalité de ce fonctionnement.

 

 

 

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