Le lit de l'ego: le non au réel

 

L’ego est fait des résistances à ce qui est.

Son lit est le refus de l’instant présent.

Le corollaire du refus est l’attachement à l’instant présent qui se fige alors sur un instantané pour en faire un modèle à suivre et finit donc par générer ensuite le refus de toute autre chose ce qui revient au même.

Le sens du « moi » apparaît dès lors qu’il y a résistance à ce qui est.

En l’absence de résistance, il y a unité consciente à ce qui est, présence totale et habitée.

La résistance à ce qui est amène l’élaboration de multiples stratégies visant à se couper de ce qui est, donc de la réalité.

Ces stratégies se manifestent soit par la lutte soit par la fuite (l’anesthésie en fait partie).

L’une ou l’autre nourrissent abondamment ce sens du « moi » qui est alors toujours plus renforcé.

Lorsqu’aucune résistance à ce qui est n’est là ou lorsque les résistances à ce qui est sont vues et  acceptées, le sens du « moi » se dissout, disparaît pour laisser place à la réalité essentielle.

 

On peut observer l’apparition de personnages imaginaires (fiction « moi »)à l’intérieur du mental dès qu’il y a résistance à ce qui est. On peut remarquer l’absence de sens du  « moi » quand ce qui est est totalement accepté et ainsi donc, reconnaître l’unité à la perception de l’instant présent. Cette unité est l’unité entre ce qui est perçu et ce qui perçoit, il s’agit de perception pure ou vécu direct. Il n’y a personne qui fait quoi que ce soit, pas de dualité mais une présence consciente qui est.

 

 

Le sens du « moi » et l'affect corporel

 

Il arrive un moment où toutes ou presque toutes les mécaniques, tous les fonctionnements égotiques ont été vus et sont connus. Mais malgré cela nous replongeons dans l’ego souffrant.

La clé pour en sortir n’est plus de chercher à comprendre les tenant et aboutissant de ce fonctionnement égotique, c’est-à-dire les croyances qui génèrent ce fonctionnement mais plutôt de se tourner vers l’investigation de la racine même de l’ego : celle d’exister en tant qu’individu séparé, celle de se sentir une conscience séparée, limitée.

 

 

 L’ego est fait bien sûr des croyances aux illusions, ou plutôt ce sont elles qui le nourrissent mais il est fait aussi d’un sens subtil, énergétique du corps qui l’a pétri modelé depuis la plus tendre enfance. On pourrait appeler ce processus qui imprègne le corps physique, l’affect. Cet affect  s’est installé avant même le démarrage des croyances et en a préparé le terrain. Ainsi le sens du moi est la perception sensorielle du corps dans sa composante crispée, figée, séparée, qui maintient l’illusion de frontière et de limite. Cet aspect est à investiguer de la même façon que les illusions crues si l’on veut retrouver la vérité de ce que l’on est vraiment

 

 

Le sens du moi: la remontée du fil d'Ariane

 

La seule chose qui maintient l’illusion du moi est la fixité du regard sur ce qui constitue le lit du « moi » et qui sert de point de référence à toutes les autres perceptions.

·        Bien sûr toutes les pensées qui parlent du moi, de mon, de mien etc.. et toutes les histoires qui en dérivent, c’est l’ego dans toute sa splendeur

·        Il y a aussi les sensations imaginaires comme le schéma corporel qui servent de point d’ancrage, référence aux autres perceptions

·        Mais même lorsque les pensées « paroles » et les pensées « imaginaire sensoriel » cessent il reste un subtil sens du moi fait de toutes les sensations inhérentes au corps ce que j’appelle sensibilité corporelle (tactile, chaleur, pression, kinesthésie, proprioception…) Ces sensations ont été rendues « particulières » par l’incessante désignation du corps en tant que « moi ». Elles ont été retirées de la globalité des perceptions pour devenir le point de référence par rapport à toutes les autres. C’est ainsi que se maintient comme une distance avec toutes autres perceptions et même avec la pensée, une impression d’individualité corporelle qui s’appuie sur ces fameuses sensations du corps et qui percevrait tout ce qui est autre que les sensations corporelles.

 

 

 

En réalisant ceci, tranquillement, l’habitude figée sur ce type de perception  lâche restituant une équanimité à toutes les perceptions contenues dans le seul regard. Plus aucune perception ne devient dès lors référente aux autres, seul le regard devient sa propre référence.

Regard toujours présent et qui prend la forme des perceptions quand elles se présentent.

 

C’est dans l’abandon de la séparation des perceptions que se dévoile l’unification du vécu.

 

 

 

 

 

Le sens du moi: se reconnait dans le rêve nocturne plus facilement

 


Il est très intéressant d'observer ce qui se passe à l'état de sommeil avec rêve et de le comparer à l'observation de ce qui se passe à l'état de veille.

Lorsque l'on rêve pendant le sommeil, tant que l'on est identifié au "moi" il y a ce sens du moi qui se ressent et se voit pendant toute la durée du rêve. Ce « moi » vit et évolue avec les histoires qui se passent dans le rêve. Il est plus facile de l'identifier pendant ce temps car il n'y a pas de vécu sensoriel associé à ce sens du moi nocturne, à la différence de l'état de veille. En effet à l'état de veille ce sens du moi étant cru et donc pris pour étant ce que l'on est, cette croyance induit tout un vécu sensoriel qui rajoute à la confusion de l'identification erronée. Pendant le rêve nocturne, la plupart du temps même si ce sens du moi vit plein d'événements plus ou moins stressants, il y a toute une tranquillité présente car on le voit. Le regard, l'observation de ce moi est comme davantage reconnu que pendant la journée. C'est ce qui fait que la tranquillité est là malgré tout ce que vit ce "moi". L'identification est beaucoup moins forte que pendant l'état de veille. C'est aussi cela qui permet dès le réveil de sortir du rêve, on sait instantanément que l'on a rêvé.

 

Si l’on prête attention à cela, on va réaliser qu'en fait ce qui se passe pendant le sommeil avec rêve c'est que l'on rêve de soi. Ce rêve de soi est ce fameux sens du moi. En le reconnaissant, il devient dès lors possible de réaliser que le moi que l'on ressent et vit à l'état de veille est exactement le même que celui du rêve nocturne. Il suffit de l'observer. Et c'est ainsi que l'évidence saute aux yeux: le sens du moi de veille est un rêve. Le rêve nocturne se prolonge en rêve diurne et vient surimposer la perception et vécu direct de l'instant réel.

 

 

 

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