Qu’est-ce que la mémoire : un assemblage de pensées. (2012)

 

Pour le trouver : cela demande de se placer dans l’observation du mental.

De quoi est fait un souvenir : d’images, de sons, d’odeurs, de tous les sens. Ces sensations souvenir n’ont pas le même aspect que les sensations directes. On peut vérifier : si je m’adresse à la mémoire de mon corps par exemple je peux avoir une image souvenir de mon pied en fermant les yeux et une fois vue cette image j’ouvre les yeux et je regarde directement le pied mémorisé : il devient évident que l’image directe est très différente de l’image mentale. En répétant régulièrement cet exercice on finit par se rendre compte que les sensations souvenir n’ont aucune réalité : ce sont de simples constructions mentales qui n’ont aucun support dans le vécu direct perceptif.

La mémoire est donc faite d’un imaginaire sensoriel sans support dans le vécu direct.

 

Pour le trouver :

Il est impossible de mémoriser le vécu direct directement.

Le vécu direct est transformé en vécu imaginaire dans la pensée, souvenir qui n’a que peu de choses à voir avec la réalité du vécu direct.

Est-ce que c’est vrai ?

Lien entre le vécu direct et sa transformation en souvenir :

Cela demande d’observer chaque sens et sa transformation en sens-souvenir.

Je regarde le chat. Je ferme les yeux et je mémorise le chat observé quelques secondes auparavant. De quoi est faite cette mémoire, comment apparaît-elle ? Je me rends compte que l’image mémorisée est beaucoup moins riche que l’image directe. Il y a eu comme un tri dans la forme. Ce qu'il reste est une image des contours assez grossiers que je pourrais appeler le schéma corporel du corps du chat ainsi qu’une répartition assez grossière de couleurs. En revanche ce dont je me rends compte c’est que cette forme mémoire véhicule une impression de repos, de bien-être du chat qui est en écho direct avec mon ressenti de repos et de bien-être. Si je rouvre les yeux le détail de l’apparence est beaucoup plus précis et fin mais il me reste cette même impression de repos et de bien-être qui est également accentuée par rapport à la mémoire que j’en avais.

Je peux donc dire que dans le souvenir, la forme ainsi que l’impression sous-jacente à la forme ont une certaine existence mais avec une présence nettement atténuée par rapport à la perception directe.

On peut donc dire que dans la pensée se construisent des formes, des apparences dont le rayonnement est très nettement atténué par rapport au vécu perceptif direct.

 

On peut donc dire qu’il y a la conscience qui rayonne et se projette une première fois dans le vécu direct à travers les sens et que ceux-ci rayonnent à leur tour en se projetant une seconde fois à travers les sens souvenirs. Au fil de cette projection le rayonnement s’atténue.

 

 

 

 

Qu'est-ce que la mémoire?  (2013)

 


La mémoire n'est pas le vécu. Elle en est une reproduction.

Dans l'unité du vécu il n'y a pas de dualité et donc rien qui prenne note de ce qui se passe.

Ainsi

Il est impossible de penser une pensée

Il est impossible de penser une vision

Il est impossible de penser un son 

...

Il est impossible de penser une perception

...Au moment où cela se vit

La pensée de tout cela intervient ensuite, dès lors que le vécu immédiat de la perception est fini.

Cette pensée est comme une prise de note, une reproduction de ce qui s'est vécu et donc en aucun cas la même chose. Ceci est la base de la mémoire: une pensée reproductrice d'un vécu, exactement comme le peintre qui reproduit sur sa toile le paysage qu'il regarde.

En continuant à observer cela, on remarque que cette pensée reproductrice est forcément au mieux partielle dans ce qu'elle reproduit par rapport à l'original. En fait, elle est plus souvent influencée, colorée par toute une mémoire d'amont qui vient comme s'appesantir sur certains points à reproduire, les détachant du tableau et venant ajouter d'autres éléments à l'original. Tout ceci vient interférer avec l'original de base.

Au terme de cette exploration, on se rend compte que la mémoire finalement n'a plus beaucoup de point commun avec le vécu immédiat initial.

On se rend compte également que la forme de cette mémoire est  « pensée ». Les pensées, au moment où elles se produisent, sont "vécu" immédiat puis sont ensuite à nouveau reproduites par de nouvelles pensées dès lors que le vécu immédiat de la pensée 1ère s'arrête. On se rend compte que finalement la mémoire est une cascade de pensées reproductrices les unes des autres et qui s'éloignent ainsi de plus en plus au fil de leur construction de la réalité du vécu direct.

Toute la mémoire est ce qui fait le lit de la construction égotique.

Il s'agit comme d'un monde parallèle pensé, donc imaginé à partir d'une réalité mais organisé uniquement à partir de la pensée. Ce monde est comme greffé sur la réalité et par la croyance qu'on lui donne agit tel un parasitage de la réalité.

 

Le réaliser permet de détacher l'attention de la mémoire et d'arrêter de créer ces pensées reproductrices du réel. L'intérêt du monde imaginaire de la pensée s'estompant, l'attention revient au réel qui est alors pleinement habité.

 

En définitive: 

 

La mémoire est pure imagination, elle ne concerne que les formes.

Elle est faîte de formes imaginées, reconstructions qui s'appuient sur les formes perceptives directes (sensorialité) mais qui n'ont aucun support perceptif sensoriel direct au moment de leur présence. 

 

Le vécu direct, non nommé ni interprété ne se mémorise pas, il est sans témoin, il est.

 

 

 

 

 

 

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