SENSORIALITE

 

 

C’était en voiture, sur l’autoroute du soleil. Il y avait du Mistral.

A certains moments, de grandes rafales de vent venaient secouer la voiture.

Il y avait eu cet accident en 2001, avec le souvenir de la perte de contrôle de la voiture et puis les fractures…

Mon voisin dormait côté passager, Belle confiance.

Les 1ères secousses de vent généraient juste un petit stress, bien acceptable et puis soudain, une plus forte et une grande vague de contraction dans le ventre qui fait monter la peur.

Tout se contracte : d’abord les mains agrippées au volant  puis les bras, le dos, le ventre jusqu’aux cuisses qui se raidissent. La respiration devient superficielle, mode survie.

Et une autre rafale… ; c’est de plus en plus raide, ça a peur de bientôt ne plus rien contrôler… et si je ne contrôle plus rien…. la panique, à cette vitesse, ça risque d’être terrible….

L’attention se réveille. Une grande respiration et puis ça dit : « avant sur la route je n’avais jamais peur en voiture, et même quand il y avait du vent. Pourquoi alors aujourd’hui est-ce ainsi ? » Oui, cet accident ça a fait quelque chose dans la tête.

Et si on revenait comme avant, avant l’accident, sans le souvenir…

La tête se vide.

L’attention se porte sur les sensations, là où cela a envie d’aller. Ce sont les mains qui l’appellent en 1er. Elles sont crispées. Il n’y a plus de souvenir, la mémoire se vide, les mains se relâchent, se détendent, deviennent sensibles, présentes au volant. Les bras font de même puis le dos et d’un coup une grande bouffée d’air frais rentre dans les poumons. Toute la cage thoracique s’assouplie. La respiration devient ample et va se promener en conscience dans tout le corps, tout naturellement dénouant tout ce qui reste de tendu.

En même temps, l'attention devient plus aiguisée, sans effort et plus vaste. Pendant que tout le corps se détend et devient sensible, elle se porte aussi sur le volant, le contact du plancher et des pédales sous les pieds. La vision, elle aussi est plus présente, habitée.

Les informations sensorielles sont nombreuses, individualisées dans le temps mais de façon très proche (sensation des bras, des mains, sensation de la respiration, sensation de différentes parties du corps, sensation de la vue etc..). C’est très agréable.

Et surprise c’est comme si cela commençait à conduire tout seul. La perception du volant dans les mains reçoit toutes les vibrations de la route, du vent et aussi des informations venant de la vue et s’adapte instantanément sans aucune volonté pour interférer. C’est facile. Les sensations deviennent petit à petit comme une danse. Et puis d’un seul coup, tout devient sensation consciente ; le corps entier devient sensible, la voiture, la route, l’air, l’espace aussi en une seule sensation. Tout devient extrêmement vivant, vibrant. Et dans cette sensorialité éveillée, Une, chaque chose a sa juste place, parfaite et fait partie intégrante de ce moment présent. Ça conduit tout seul et le corps se délecte et la conscience voit, jouie de ce moment parfait.

 

Alors ça dit « ah oui ça y est j’y suis » et là plouf, tout disparaît et redevient limité partiellement anesthésié.

 

Puis en profondeur, comme un sourire, un clin d’œil d’espièglerie et de nouveau envolée la mémoire (cette nouvelle mémoire qui est sensée savoir comment on fait pour en arriver là…) et cela revient…Unité vibrante de la création.

 

 

 

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