Les films du « moi »

 


Il y a un double film que l'on peut résumer ainsi:

Il y a un rêveur qui rêve.

 

*Les rêves du rêveur sont faits de multiples films. Chaque film contient des personnages. Le rêveur s'identifie à l'un d'eux et crée le personnage  opposé à son identification (ex le gentil- le méchant, le riche- le pauvre, le parent-l’enfant, le patron-l’employé, l'éveillé- le non éveillé, etc...)

 

*Le rêveur lui-même est fait de la personnalité, et des caractéristiques de l’individu. C'est l'identification à l'acteur lui-même qui présente les caractéristiques, qualités que l'on croit être siennes.  C'est l'individu de base du sens de la séparation.

 

Ce que l'on est se prend pour ça, le film du rêveur est "ma vie" faite de tous les événements, rencontres, faits observés et que le rêveur s'approprie en les croyant être siens. Le parcours spirituel en fait partie.

 

Les 2 films sont hallucination. Mais on peut dire que les rêves du rêveur représentent un degré hallucinatoire plus profond que le rêveur lui-même  dès lors qu'ils sont pris pour le réel.

 

Voir les personnages du rêveur en tant que tels aboutit à la désidentification des rêves du rêveur et donc de l'égo psychologique souffrant.

Voir l'appropriation erronée des événements et de la forme individuelle avec ses caractéristiques aboutit à la désidentification de la personnalité et donc de l'égo total. C'est la fin du moi, c'est la fin complète de la croyance en la réalité des films

 

Ces désidentifications laissent comme "un moi" flottant, dépossédé de tout, ni pouvoir, ni corps, ni film, sans aucun support pour se reconstruire: la fin du film qui s'approche avec la mort du héros sans même pouvoir pleurer puisque les yeux du héros ont disparu.

 

A son rythme cela s'éteint........

 

Puis dans un jaillissement absolu, la vie est  directe, immédiate, dès lors se vivant totalement,...ainsi qu'il en a toujours été et qu'il en sera toujours, pleinement habitée car tout rêve a désormais disparu.

 

 

 

 

 

Avec le moi naît le monde. Sans le moi reste l’immuable qui se met en forme d’instants.

 

 

Le rêve de soi

 

Rappel sur la structure « pensée »

La pensée est faite de formes « langage » c’est-à-dire mots phrases etc … mais surtout au départ de formes sensorielles imaginées.  La forme sensorielle imaginée est la 1ère forme mentale, c’est secondairement que la forme langage survient. En y regardant de plus prêt ; la forme langage est aussi une forme sensorielle imaginée car faite des mots images (écriture, droites, courbes etc.., images symboles auxquelles on donne du sens) et de mots sonores (parlés, musique du langage).

Chez l’enfant les 1ères pensées sont élaborées à partir des sens.

Cette élaboration est une construction imaginaire à partir des souvenirs sensoriels.

C’est immédiat. Il y a vision par exemple de la forme arbre, aussitôt une mémoire s’installe reconstruisant une image d’arbre derrière les paupières fermées. Au fur et à mesure des vécus directs, se construit en parallèle une mémoire de ces vécus directs. Cette mémoire, ainsi que décrit dans un autre chapitre est une reproduction  telle un tableau d’une scène vécue auparavant. C’est pure imagination.

 

Le rêve de soi

Tout ce qui est expliqué au dessus va permettre de réaliser que ce pour quoi l’on se prend est pure fiction.

Pour s’en rendre compte, on peut aussi s’aider de ce que l’on vit la nuit au cours du rêve nocturne.

La nuit pendant cette phase, on rêve de soi.  La plupart du temps quand on a conscience du rêve (ce qui est plus facile au petit matin juste avant de se réveiller complètement) on se voit personnage que l’on appelle « moi » en train de faire, vivre plein de choses, d’avoir des aventures, de penser, de parler, de ressentir etc.. Il y a un dédoublement de soi : une partie qui fait tout cela et l’autre qui la voit faire.  En s’y intéressant il apparait clairement qu’il y a vision de cette personne qui fait plein de choses sans que ce soit une autre personne qui voit.

Si on s’intéresse à la personne qui fait et vit  plein de choses et que l’on prend donc pour soi, on réalise que cette personne est une image. Cette image est une mémoire sensorielle visuelle intégrée à tout un imaginaire identique de son environnement. Dans le rêve nocturne, il devient assez facile de réaliser que tout ce qui existe est une construction imagée, sonore et autres sensations donc qu’il s’agit de pure imagination.

Ainsi ce que l’on prend pour soi pendant la nuit est une image de soi c’est-à-dire une mémoire sensorielle c’est-à-dire une forme de pensée.  C’est tellement évident que c’est imagination que dès le réveil, le rêve de soi que l’on vient de faire est oublié. Sauf exception, les histoires et l’environnement  de ce moi fictif est clairement identifié comme irréel. En revanche ce qui reste car non clairement observé, c’est le moi lui-même, c’est à dire l’image de soi qui va continuer à être rêvée pendant la journée.

Le moi pour lequel on se prend est juste une image de soi, une pensée image que l’on regarde chaque fois que l’on se vit en tant qu’individu. Cette image de soi s’approprie le corps et les pensées. Ainsi ce moi fiction  par la croyance qu’il est réel va entrainer dans son rêve d’histoires à la fois les pensées et à la fois les sensations (directes c’est-à-dire non imaginées) et c’est cela le summum de l’hallucination, cela qui fait que la conscience s’oublie dans cette distraction hallucinatoire.

 

 

La fin du rêve d’individualité est juste de voir, de réaliser que le moi est une image de soi, donc juste une pensée qui s’approprie le corps et le mental.

 

 

Au passage, on rêve de soi en tant qu’image mais on rêve aussi de l’autre en tant qu’image.

Ni soi, ni l’autre ne sont des images.

 

 

 

 

 

 

 

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