Témoignage (2012)

 

Il vient de réaliser quelque chose d’important :

C’est parti de la compréhension de cet état que je vis intérieurement c'est-à-dire de cette intériorité qui n'est plus ébranlée par quoi que ce soit. Quelque chose d'immensément vaste, sans fond, insondable dans lequel tout se dissout et qui donne finalement à sa surface un état de quiétude permanent, une détente sans pareille. C'est comme à l'orée de ce que j'appelais vie. C'est comme la frontière, cet espace de séparation entre la ligne au-dessus il y a l'air, au-dessous il y a l'eau. Au-dessus il y a la vie exprimée, au-dessous il y a vie mais sans expression: rien et tout sans substance.

Dans ce vécu, il y a absence d'énergie, aucun moteur et en même temps, aucun besoin. Toutes les expériences vécues n'apportent plus rien à cet endroit. Rien à nourrir.

Il est vrai que le mental persistant avec son sens du moi se demande « mais alors, il n'y a plus de joie, plus de joie de vivre ». La joie de vivre était interprétée comme l'achèvement d'une expérience qui était nourrissante et qui procurait cette sensation de satisfaction intense  après un manque. Et là, comme tout est déjà nourri, ou plutôt que rien n'est à nourrir, quelles que soient les expériences, plus rien ne vient apporter cette sensation de plénitude après le manque. C'est comme si ça disait alors que la joie de vivre n'est plus possible à cet endroit-là, mais sans émotion.

C'est pareil pour les activités, plus aucun désir particulier d'activités, plus aucune envie.

Ce qui fait alors bouger le corps c'est comme un mouvement d'énergie qui viendrait de ce que le mental juge comme extérieur. C'est l'intention d'action qui génère le mouvement.

Par exemple, aucune envie de faire de la poterie mais s'il y avait une commande de bols par ex, le corps se lèverait, la mobilisation serait alors totale pour réaliser les poteries commandées, et ce, au mieux. À la fin de ce travail, il n’y aurait plus rien, il n'y aurait pas de bienfait particulier par rapport à ça, simplement une réalisation générée par l'intention de l'acte et la mise en mouvement pour se faire.

 

Je comprends à partir de ça que c'est le sens du moi qui cherche désespérément encore cette sensation de joie de vivre qui a été procurée si souvent par la sensation de manque et de  satisfaction du besoin.

En réalité, je vois qu'il est impossible de trouver la véritable joie de vivre en un seul endroit qui s'appelle sens du moi. La joie de vivre est annulée.

 

C'est la nature même de la vie d'être joie. C'est synonyme d'amour. Amour, joie c'est la même chose. Toute la création est cela ; et tant qu'il il y a un sens du moi, ce moi cherche cette essence de la création à l'intérieur de cette entité qu'il se croit être. Il la cherche désespérément.

Mais à l'intérieur de cette entité "moi" il n'y a plus rien à satisfaire, comme si tous les besoins avaient déjà été satisfaits. Tout est comblé, tout est plein ou vide suivant l'endroit où l'on regarde. Où est la joie?

 

En réalité, la joie est sans cesse et il suffit de regarder la fleur qui pousse, c'est de la joie, et on la ressent. Des personnes sont tout excitées à l'idée de pratiquer une activité plaisante. On peut vivre également leur joie. Je vis leur joie. L'oiseau vole c'est un vol qui est libre plein de joie, c'est joie. L'air, léger, est joie. Le soleil qui réchauffe la terre, est joie. Les enfants qui courent de partout, excités, encore joie.

En réalité,  la joie est de partout. Peu importe quelle forme elle a, elle est là sans cesse. Il n'y a pas à la chercher dans un moi séparé, il n'y a pas à la chercher du tout, elle est là. Juste la voir, la vivre.

C'est l'idée même du moi séparé qui empêche de s’y connecter pleinement. Mais quand le mental ne s'interpose pas, la joie se vit non-stop, elle est là. Elle fait partie de ce que je suis, de ce que nous sommes tous.

Nous ressentons sans arrêt ce qui se passe autour de nous parce que nous sommes cela.

Il s'agit simplement d'une délocalisation de la conscience qui s'extirpe de son enveloppe « sens du moi » pour réaliser qu'il n'y a pas de frontières, pas de barrière avec tout ce qui est. Elle n'est pas « sens du moi », elle est tout..

 

 

Il se vit une plénitude de création, de manifestation, plénitude de vie, de façon très douce sur ce fond immense abyssal insondable de silence et de quiétude.

 

Gratitude.

 

 

 

 

 

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